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Olivier Masmonteil: Intimate suites    16. Dez , 2012 - 27. Jan 2013


The pleasure of painting

In the studio, just when all hope has escaped the canvas, a ray of colour comes along to signal a slight, tantalising shift. It would be an illusion to think that one could simply seize it. It has to be followed cautiously, observed as one watches a trout nymphing in the water. So, slowly, carefully, I discard unnecessary colours as though selecting an artificial fly. Before my eyes, the painting's surface disappears and marks that I had ignored take on new meaning. This is when the surface can be shattered and the battle can commence.

The outcome depends on nothing more than the pleasure of painting, on whether the opportunity to paint allows me to envisage the depth of the painting, whether the pleasure allows me to experience the scale of the painting. The Cartesian mind is severely tested by the practice of painting. Time is no longer linear. The beginning and the end frequently merge while the narrative thread is nothing more than an obstacle outside of time. This peculiar practice is linked to childhood, to that time when we were ignorant of death. Eternity was the normal state and measuring time was unknown. In the studio, time takes its leave and has no relationship to the painting.

And then comes the pleasure of painting. Nothing curbs that joy because now anything is possible. There is no longer a chosen subject: the landscape opens up to other patterns. The canvas becomes both a window and a wall, the surface upon which the games and innocence of childhood are played out. Paint spatters gain a new status, those on the floor having as much significance as those on the pallet. The figure no longer has the importance that one would imagine, instead the colour becomes this exhilarating and magical element that makes matter flesh. The landscape offers the infinite. All you have to do to see the window and enter its intimacy is take a step back. To paint infinity or intimacy, the project seems elusive, but it becomes mine for the next following years. The essential of it all remains the pleasure.

This new chapter is about painting itself. It is filled with hope, doubt and fear. Does the pleasure marks the end of the desire or the premises of oblivion? Will it bring joy or sadness?

Anyway, in the studio, eternity belongs to me, and to maintain this illusion, I dive into it, innocent. I like to think that the rules of time and space no longer exist here.

Olivier Masmonteil, August 2012

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Le plaisir de peindre

Dans l’atelier, alors que tout espoir vient de s’enfuir sur la toile, un rayon de couleur vient sonner l’apparition d’une minuscule évasion. S’en saisir est illusoire. Il faut le suivre lentement, l’observer comme on regarde une truite nympher entre deux eaux. Lentement, avec attention, comme je choisis une mouche artificielle, j’écarte les couleurs inutiles. Sous mes yeux, la surface du tableau s’évade, des taches alors ignorées prennent une signification nouvelle. La surface peut enfin être crevée et le combat commencer. Son issue ne dépendra que du plaisir de peindre.

Si la possibilité de peindre m’a permis d’envisager la profondeur de la peinture, le plaisir me permet d’en expérimenter l’ampleur. L’esprit cartésien est mis à rude épreuve par la pratique de la peinture. Le temps n’a plus de chronologie linéaire. Le début et la fin se confondent souvent alors que le fil du récit n’est qu’un bloc ignorant la ligne du temps. Cette pratique particulière se trouve liée à l’enfance, à ce moment qui ignorait encore la mort. L’éternité semblait alors la norme et la mesure du temps inconnue. Dans l’atelier, le temps disparaît, il n’a pas de prise sur le tableau.

Alors naît le plaisir de peindre. Rien ne le contraint, puisque désormais tout est possible. Il n’y a plus de sujet privilégié, le paysage laisse d’autres motifs le rejoindre. La toile devient autant une fenêtre qu’un mur, un support des jeux de l’enfance et des désirs de l’innocence. Les taches de peinture n’ont plus le même statut, celles du sol ont autant de valeur que celles de la palette. La figure n’a plus l’importance que l’on peut imaginer, la couleur devient cet élément magique et jubilatoire qui rend la matière charnelle.

Le paysage offre l’infini, il suffit de reculer pour voir la fenêtre et pénétrer l’intime. Peindre l’infini ou l’intime, le projet paraît insaisissable mais il devient le mien pour les années qui viennent. L’essentiel demeure le plaisir.

Ce nouveau chapitre reste à peindre. Il est rempli d’espoirs, de doutes et de craintes. Le plaisir marquera-t-il la fin du désir ou les prémisses de l’oubli ? Engendrera-t-il la joie ou la mélancolie ?

Quoiqu’il en soit, dans l’atelier, l’éternité m’appartient et, pour maintenir cette illusion, j’y plonge avec innocence. J’aime croire qu’ici les règles qui régissent l’espace et le temps n’ont plus cours.

Olivier Masmonteil, août 2012

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