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Nathalie Rebholz '(In)constance'
8 octobre – 8 novembre 2010
Nathalie Rebholz aime la nature. Elle l’a démontré avec Ethernal, sa première
exposition personnelle à Analix Forever, en 2005. Elle persiste et signe avec ce
deuxième opus, où elle met en scène des offrandes à la nature (despachos), orchestre
une série de vanités contemporaines, autrement dit des natures mortes et montre une
série récente de dessins.
Les despachos se rapportent à une tradition andine de remerciement en
communion avec les éléments de la nature. Il s’agit d’une offrande pour honorer un
nouveau commencement, solliciter une guérison, une protection, une bienveillance
particulière. Il existe une multitude de despachos, et il revient à chacun d’en
personnaliser le contenu et l’intention. Ainsi Nathalie Rebholz est-elle interpellée par
cette démarche au détour d’un séjour en Amérique latine et va les mettre en oeuvre
dans de somptueux paysages du bassin méditerranéen. Hommage à la magnificence
de la nature, respect face à la perfection des éléments environnants, quête personnelle
de l’artiste dont on ne saura rien : Nathalie Rebholz sème des offrandes d’une
désarmante simplicité au coeur de paysages de toute beauté. Nous la suivons dans son
rituel, à travers ses photographies qui participent de la générosité envers le spectateur
convié à cette cérémonie intime. Une des images constitue en soi le despacho : plutôt
que d’ajouter une offrande, Nathalie Rebholz a préféré saisir l’harmonie des formes
qui se présentaient à elle et leur rendre hommage par la magie d’une photographie.
Une photographie qu’elle offre au regard du visiteur. Le rituel se poursuit donc dans
l’espace de la galerie.
L’humilité du despacho fait face au déploiement des vanités. Nathalie Rebholz
s’empare en effet de ce thème qui traverse l’histoire de l’art depuis le XVIIe siècle,
lorsque la nature morte devient un genre reconnu. Elle décline ce dispositif comme
autant de Memento Mori adressés à plusieurs commanditaires imaginaires : la
vaniteuse, le noceur, le joueur, l’esthète, le collectionneur, l’érudit, etc. La mort rôde
insidieusement dans chacune des images, au détour d’une lame, d’une arme, d’une
bougie éteinte, d’un crâne bien sûr. La menace du trépas se drape d’élégance, dans un environnement noir nécessairement intemporel. Le crâne est souvent celui d’un
animal, nous ramenant ainsi irrémédiablement à notre condition d’origine, lorsqu’il ne
s’agit pas d’os malicieusement détournés comme tels par l’artiste. Ces vanités
réclament la plus grande attention : composition certes classique, mais esprit
résolument contemporain : référence à Van Eyck et Velazquez par l’autoportrait de
l’artiste dans le miroir, évocation de l’exposition Artempo qui a excellé dans le
mélange des genres et des époques, recherche formelle évidente au gré de tubercules
anthropomorphes à laquelle vient s’opposer la lisse perfection de l’oeuf, symbole
évident de naissance, sans oublier l’indispensable clin d’oeil à Damien Hirst. Dans
une orgie visuelle de couleurs et de matières, Nathalie Rebholz convoque avec grâce
la littérature, la musique, la science, l’art, le jeu, le goût…autant de plaisirs
éminemment humains associés à des fleurs chatoyantes dont la putréfaction demeure
inévitable. Souviens-toi que tu vas mourir, encore une fois.
Une sélection de dessins récents exécutés par l’artiste conclut l’exposition sur un
mode graphique et onirique. Composant une élégante recherche formelle et mystique
consacrées aux esprits, ces pièces s’intitulent de façon globale Talking with spirits. La
galerie dévoilera une première série en écho aux travaux photographiques de l’artiste.
En parallèle, la galerie Analix Forever présente Last Meal on Death Row, une
série de travaux récents de Mat Collishaw.
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