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Alan Suicide Vega 'Holy Shit'    19. Okt - 24. Nov 2012

Alan Vega dans son loft de Fulton Street, New York, 1981. Photo : Ari Marcopoulos
Alan Vega
Alan Vega dans son loft de Fulton Street, New York, 1981. Photo : Ari Marcopoulos
 
  
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Alan Suicide Vega 'Holy Shit'
19 octobre - 24 novembre
Vernissage le 18 octobre, 18h - 23h

La Galerie Laurent Godin est heureuse d’annoncer une collaboration inédite avec le plasticien et musicien Alan Suicide Vega, co-fondateur avec Martin Rev du groupe culte new-yorkais Suicide.

À cette occasion, les oeuvres emblématiques de l’artiste seront présentées : - dans le cadre de sa première exposition personnelle à la galerie, Holy Shit, du 19 octobre au 24 novembre, vernissage le jeudi 18 octobre, 18-23h - lors d'un solo show la FIAC, stand 0.A07, du 18 au 21 octobre, vernissage le mercredi 17 octobre, 10-22h

Parallèlement à ces événements, Alan Suicide Vega sera mis à l'honneur : - au cours d’une soirée spéciale au Silencio, avec une projection inédite de son film Gunsmoke (1972-2012), le mercredi 17 octobre, 21h - à l'occasion d'un concert exceptionnel avec Marc Hurtado à la Gaîté Lyrique le vendredi 19 octobre, 20h - lors d'une rencontre animée par Mathieu Copeland au Palais de Tokyo, en présence de l’artiste. Cette discussion sera accompagnée d’une projection de films de l’artiste, et sera suivie d'une signature de l'ouvrage "Infinite Mercy" (éditions MAC Lyon / les presses du réel), le samedi 20 octobre, 21h30

ALAN SUICIDE VEGA

Difficile, voire impossible pour les amateurs de musique rock, d'appréhender les oeuvres plastiques d'Alan Bermowitz, alias Alan Vega, en les dissociant de l'expérience sonore que ce nom évoque. Comment, entre autres concerts, ne pas se remémorer la magnifique prestation de l'artiste, chanteur et compositeur, habitant d'une voix magique, la salle du Palace, le jeudi 5 février 1981. Ce soir-là, accompagné d'une danseuse, silhouette longiligne, et d'un simple magnétophone, posé au-devant de la scène, Alan Vega, bandeau dans les cheveux, affrontait le public rockabilly venu écouter le groupe buzz du moment : les Stray Cats. Évitant les crachats et les canettes, il déroulait ses chansons toutes plus envoutantes les unes que les autres. Des mélodies radicales constituées d'une répétition minimale des mêmes beats, de chansons pleines de hahanements, de murmures et de cris. Une musique inconnue, imparfaite, maladive et cependant extraordinairement habitée, pratiquée depuis quelques années au sein du duo Suicide et depuis peu en solo et dont l'exigence se rapprochait du psychédélisme glacial d'un groupe exemplaire : le Velvet Underground.

La rumeur contait qu'Alan Vega venait de New-York et qu'à l'égal de Patti Smith ou de Richard Hell, il avait, bien avant d'être chanteur, une pratique plastique et poétique. Très peu d'images circulaient. Il était question de sculptures à base de lumières électriques et d'expositions à Soho, notamment dans l’un des premiers lieux alternatifs New-Yorkais autogérés par les artistes, « Project of Living Artists » et dont il était l’un des cofondateur. Entre 1972 et 1975, il exposa à la galerie OK Harris d’Ivan C. Krap, ancien co-directeur de Léo Castelli ; puis chez Barbara Gladstone à New York entre 1983 et 1985. Ses oeuvres furent également montrées en 1982 au PS1 à New York ou encore chez Jeffrey Deitch en 2002 et à nouveau au PS1 en 2006.

En 2009, grâce à la persévérance de Thierry Raspail et de Mathieu Copeland, Alan Vega eut enfin sa première rétrospective française au Musée d'Art Contemporain de Lyon. On y voyait plusieurs ensembles d'oeuvres ; des sculptures murales, pendues au plafond ou déposées au sol, des dessins violentés et des photos. Le tout rassemblé pour l'occasion sur le vaste plateau du Musée.
L'atmosphère donnait au visiteur l'impression d'entrer par effraction dans un laboratoire photographique sous éclairage inactinique (ces lumières professionnelles conçues pour manipuler les papiers photos sans risquer de les voiler). Les sculptures lumineuses, complexes, colorées avaient cette propriété étrange d'être, selon l'angle où on les observait, à la fois expressionnistes et glacées, de posséder une puissance souterraine inclassable. À l’instar d'autres artistes singuliers comme Paul Thek, Alan Vega s'opposait au sérialisme des courants en vogue de la fin des années 60, le minimalisme et le pop art. L'artiste qui eu pour enseignant Ad Reinhardt construisait ses oeuvres avec la même radicalité que son professeur et les mêmes éléments que la musique protopunk : accords réduits, arrangements simplifiés, rapidité, énergie et répétitivité. Le tout produisant un saisissement immédiat, un environnement sonore ou lumineux qui renvoyait à quelque chose de bricolé, bon marché, un peu funèbre. Composées d'ampoules de toutes formes, de néons, de câbles, de prises multiples, de guirlandes lumineuses colorées, auxquels s'associaient des images, des postes de télévision, des objets divers, les oeuvres formaient des reliquaires profanes, attractifs et inquiétants. Beaucoup prenaient la forme de croix où pouvaient cohabiter les images du Christ et de Mohamed Ali ou encore celles d'un zombie et de Marilyn Monroe. L'ensemble construisait des oeuvres magico-rituelles à l'aide de rebuts urbains contemporains, d'objets de consommation courante, de préoccupations iconiques de l'artiste qui réussissait à conserver leurs énergies primitives.
Car pour Alan Vega, et cela depuis la fin des années 60, l'exposition reste une oeuvre ouverte où l'installation des oeuvres est un acte d'inspiration créatrice. Les enchevêtrements sont d'ailleurs parfois si complexes qu'ils sont impossibles à reproduire. À l’instar du spectacle vivant et donc des concerts qu'il continue à produire, les oeuvres sont soumises à l’atmosphère des lieux et font l'objet d'arrangements sur place où câbles, lampes, photos, matériaux divers se placent dans le rapport nécessaire du moment et de l'espace.
L'exposition à la Galerie Laurent Godin devient ainsi une nouvelle occasion de découvrir ou de redécouvrir un ensemble d'oeuvres toujours renouvelé.

Alain Berland

Alain Berland est critique indépendant. En 2012, il a été commissaire de l'exposition de Michel Blazy « Bouquet final » et de celle de Bruno Perramant « Les aveugles » au Collège des Bernadins. Il est également co-commissaire de la Biennale du Havre 2012 intitulée « Les bruits du dehors ».

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Alan Suicide Vega 'Holy Shit'
October 19th – November 24th
Opening on Thursday, October 18th, 6 – 11 pm

Galerie Laurent Godin is pleased to announce an exceptional collaboration with artist and musician Alan Vega, co-founder with Martin Rev of the New-York cult band Suicide.

On this occasion emblematic works by the artist will be presented: - in his first solo exhibition at the gallery, “Holy Shit”, from October 19th to November 24th, opening on Thursday, October 18th, 6 – 11 pm - in a solo show at the FIAC, booth #0.A07, from October 18th to 21st, opening on Wednesday, October 17th, 10 am to 10 pm

In parallel with these events Alan Vega will be celebrated as follows: - Special evening at the Silencio with a premiere screening of Vega’s film Gunsmoke (1972 – 2012), on Wednesday, October 17th, 9 pm - Unique concert: Alan Vega and Marc Hurtado at La Gaîté Lyrique, Friday, October 19th, 8 pm - Talk led by Mathieu Copeland in the presence of the artist at the Palais de Tokyo, followed by a film screening, and a signing of the book “Infinite Mercy” (MAC Lyon/les Presses du Reel editions), Saturday, October 20th, 9:30 pm

ALAN SUICIDE VEGA

It is difficult, some would say impossible for rock music lovers, to look at the works of Alan Bermowitz, aka Alan Vega, without associating them with the sound experience that such a name evokes.

It is hard to forget the fantastic performance of the singer-songwriter, mesmerizing the Palace hall with his magical voice on the 5th February 1981. That night, a head-banded Vega appeared on stage with a lanky dancer and a tape recorder for company and faced the rockabilly audience who had come to hear the latest buzzing band: the Stray Cats. Dodging the spits and cans, Vega uncoiled his songs, each one more bewitching than the next. Radical melodies consisting of minimal, repetitive beats, songs full of grunts, whispers and screams. An unknown, imperfect, morbid and yet extraordinarily alive form of music, which he had performed for a few years as part of the duo Suicide and more recently as a solo act, with an urgency, akin to the chilled psychedelia of another iconic band: the velvet underground.

Rumor had it that Alan Vega hailed from New York and that well before becoming a singer, he practiced visual art and poetry, as Patti Smith and Richard Hell did. Very few images were in circulation. There was talk of sculptures involving electric lights and of exhibitions in Soho, notably in one of New York’s first alternative venues run by artists: “Project of Living Artists”, a space co-founded by Vega. Between 1972 and 1975, Vega exhibited at the OK Harris gallery, managed by Ivan C.Krap, former co-director of Leo Castelli. His works were also shown at PS1 in New York (1982), Barbara Gladstone Gallery (1983-1985) as well as Jeffrey Deitch’s (2002), and again in PS1 in 2006.

In 2009, thanks to the perseverance of Thierry Raspail and Mathieu Copeland, Vega eventually had his first French retrospective at the Musée d’Art Contemporain in Lyon. Several sets of works were shown; wall sculptures, hanging from the ceiling or displayed on the ground, drawings and photographs: all assembled for the occasion on the vast stage of the museum. The atmosphere was such that the visitor felt like he had broken into a darkroom under a safelight. The complex colored light sculptures had the strange property, depending on the angle at which one was standing to look at them, of being both expressionist and frozen, with an indefinable and subterranean power.
In the manner of other singular artists such as Paul Thek, Alan Vega opposed the serialism fashionable in the late 60s, namely minimalism and pop art. Vega devised his works with a radicalism akin to that of his teacher, Ad Reinhardt, and the same elements as those used in protopunk music: minimal chords, simplified arrangements, speed, energy and repetitiveness. This combination produced an immediate shock, a bright and resonant landscape that looked DIY cheap, and a touch funeral.
Composed of differently shaped bulbs, neon lights, cables, adapters, multicolored light strings, to which were added images, TV sets, and all sorts of objects, the works were like profane reliquaries, attractive yet disturbing. Many of them featured the shape of a cross, where images of the Christ and Muhammad Ali, or a zombie and Marilyn Monroe, coexisted. These magical and ritual works were made of contemporary urban rubbish, everyday consumer objects of iconic fascination to Vega, who managed to preserve their own primitive energies.
For since the end of the 60s, the concept of an exhibition remains to Vega an open task, in which displaying the pieces is an act of creative inspiration. These entanglements are often so complex that they are impossible to reproduce. Taking the live performing arts and concerts that he continues to perform as an example, the works of Alan Vega submit to the atmosphere of the places in which they are shown. They are arranged differently according the premises: cables, lamps, photos and various other materials form the necessary link between time and space.
The exhibition at Galerie Laurent Godin is an opportunity to discover or even rediscover a timeless body of works.

Alain Berland

Alain Berland is an independent critic. In 2012, he was the curator of “Bouquet Final”, an exhibition of Michel Blazy and of “Les Aveugles” by Bruno Perrament at the Collège des Bernadins. He is also co-curator of the Bienniale du Havre 2012 entitled “Les bruits du dehors”.

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